Pour ceux qui veulent retrouver la nature d'il ya 2000 ans ...
Article transmis par un ami du Grand Charnier des Pyrénées
Monsieur Stéphan Carbonnaux a été embauché par Ferus+ADET+WWF pour réaliser un « Bilan à mi parcours du Plan de restauration et de conservation de l’ours brun dans les Pyrénées». Ce bilan vient de paraître. Nous en reparlerons, il y a matière !
En août 2007, à propos d’ours, Monsieur Carbonnaux s’était lancé dans une polémique avec Joseph Paroix, éleveur-berger entre vallées d’Aspe et d’Ossau. Dans « Laborari » (Hebdomadaire d’information des Paysans du Pays Basque), Paroix avait écrit un article qui débutait ainsi :
« Le renforcement de la désespérance - Entre désarroi, colère, doute, désespoir », vers la fin on pouvait y lire : « L’un des plus gros enjeux environnemental aujourd’hui, dans les Pyrénées, c’est le maintien de paysans nombreux. » Au départ, Paroix était d’accord avec la sauvegarde de l’ours béarnais, ce qui se passe avec les importations imposées d’ours slovènes le scandalise, les talibans de l’écologie ne le lui pardonnent pas.
Sur le blog la Buvette des Alpages Carbonnaux répondit illico :
« La montagne serait-elle moins « vivante », pour reprendre le mot de Joseph Paroix, si elle était moins peuplée de bergers et d’animaux domestiques et plus de bêtes sauvages ? La montagne serait-elle morte si l’agriculture reculait devant la ronce, le taillis puis la forêt ? Je suis de ceux qui pensent, mais surtout qui sentent, que non. »
« Ces quinze dernières années, j’ai eu la chance de découvrir de vraies et vastes forêts en Europe orientale, des forêts enchantées qu’on parcourt religieusement, aux arbres vénérables et vénérés /…/ Nous sommes de plus en plus nombreux à rêver de tels milieux pour nos pays si domestiques, si étriqués, si ruraux où tout doit être « aménagé », « nettoyé », « propre en ordre », où l’agriculture serait soit disant le garant de la biodiversité dans les territoires protégés. » /…/
« Voulons-nous à l’avenir dans les Pyrénées un immense parc à moutons, vaches, chevaux et chèvres, parsemé de quelques ours tolérés parce qu’équipés de colliers, de mouchards électroniques, et donc facilement récupérables, ours qui plus est « facteurs de développement » ? Ou alors, désirons-nous un retour à la normale, un réenchantement du monde, comme ces forestiers roumains qui cherchent en certains lieux à retrouver la nature d’il y a 2 000 ans »
Dans les Asturies, un autre grand visionnaire du rétro pédalage vient, lui, de proposer de créer une “réserve de paysans” (sic!) fondée sur cette idée: “Des gens qui produisent de la viande, il y en beaucoup, signale Varillas. Mais il y en a beaucoup moins qui produisent à la fois de la viande et des loups”. Dans ce Disney Land enchanté, chèvres et brebis seraient là notamment parce que « elles favorisent la présence d’oiseaux charognards et de prédateurs comme le loup ».
Je n’avais pas été vraiment convaincu, mais « retour à la normale /…/ d’il y a 2000 ans », là, chapeau, je n’y avais pas pensé, ça m’émeut. Alors …. désolé pour mes potes, ils vont m’en vouloir tant pis, mais Carbonnaux m’a ouvert les yeux : la révélation, le miracle, Carbonnaux-Sainte-Vierge et Bruno-Soubirou, bing-bang, éclair divin, Saint-Paul sur le chemin de Damas, c’est moi.
M. Carbonnaux rêve d’un monde réenchanté, où il vaquerait religieusement en vénérant les arbres : ça, ça m’arrive aussi, et je n’ironise pas, notamment dans certaine hêtraie que j’ai arpentée mille fois. Je ne la connais toujours pas, elle n’est JAMAIS pareille. Mais, ma faute, mon pêché, Carbonnaux me les a révélés : je ne vivais pas dans un monde normal, comme il y a 2000 ans.
M. Carbonnaux doit aller jusqu’au bout de son rêve, s’il me veut vraiment pour disciple : qu’il quitte électricité, ordinateur, voiture ou bicyclette (vu son discours, j’espère qu’il n’a, à l’heure actuelle, que le second engin). Et qu’il vienne, au moins lui, au moins un, un Sauveur, s’installer dans ce monde normal, un petit Paradis bien choisi, loin loin très loin de l’asile de fous.
Et s’il a des enfants, et qu’ils chopent l’appendicite, surtout, surtout, je l’en supplie, qu’il les laisse crever, comme il y a 2000 ans dans un monde normal.
B.Besche-Commenge - ASPAP/ADDIP – 24 avril 2008

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