La sagesse de nos amis Suisses.
article paru dans le Nouvelliste.
29 avril 2008
Loups et ours : la raison triomphera ! C’est sûr
Enfin !
C’est un sentiment de soulagement, trop longtemps attendu, qu’inspire
la lecture des conclusions de l’expertise du professeur Thomas Müller
sur les grands prédateurs et leurs proies dans la législation actuelle.
Ce docteur en droit a été mandaté par Chasse Suisse pour voir si la
régulation des grands prédateurs était compatible avec la législation.
Et – avec une évidence qui n’aveugle désormais plus que les
fondamentalistes de la protection absolue des super prédateurs – ce
spécialiste conclut que si le prédateur a droit à une protection,
celle-ci s’arrête là où commence celle des autres espèces qui ont droit
elles aussi à une protection. Et que si la diversité des espèces
l’exige, on doit évidemment admettre que le loup et l’ours soient eux
aussi régulés.
Légende de gauche à droite : Un veau de la race d’Hérens dévoré par le loup du Chablais. Ce qui reste d’un veau limousin qui a subi le même sort dans la même région et enfin un des loups abattus en Valais.
Les chasseurs seraient bien inspirés de tirer le meilleur parti
possible de cette conclusion dont l’évidence est enfin avouable.
Jusqu’ici, face aux tempêtes médiatiques déclenchées systématiquement
par les partisans de l’intouchabilité des grands prédateurs, les
chasseurs se cantonnaient dans un silence de plus en plus
assourdissant. Comment tolérer plus longtemps que, sous prétexte de
protection absolue, on permettait aux loups, lynx et bientôt aux ours
de massacrer les moutons (la Confédération payant les dégâts) et de
massacrer sans broncher une faune dont la richesse et la diversité sont
unanimement reconnues et à mettre au crédit des chasseurs ?
L’expertise Müller arrive à la conclusion que la faune, qu’elle soit
prédatrice ou proie, a également droit à la protection de l’homme. La
diversité de la faune est logiquement plus importante que la seule
protection des super prédateurs. D’autant plus que les loups et les
ours ne sont absolument pas menacés de disparition : leurs effectifs
progressent partout.
L’expertise Müller rappelle quelques vérités que plus personne
n’osaient seulement rappeler tant le terrorisme oratoire et médiatique
des fondamentalistes de la protection des prédateurs était devenu
traumatisant.
En résumé, voici ce que l’expertise Müller rappelle à ceux qui avaient
perdu tout sens critique: « Les proies des grands prédateurs jouissent
de leur propre statut en matière de droit
international et fédéral. Ce statut de protection fait que les grands
prédateurs doivent être régulés si les populations de gibier sont
menacées. L’exploitation de populations de gibier par les cantons dans
le cadre de la régale cantonale et par les chasseurs habilités à
pratiquer la
chasse doit aussi être garantie… »
Dieu, que ce discours fait du bien à entendre.
Loups et ours auront donc la place qui doit leur revenir dans la nature
: ils seront protégés dans la mesure où ils ne menaceront pas
l’existence d’autres espèces. Et dans ce pays où les chasseurs ont
démontré avec brio leur capacité à gérer les espèces, c’est à eux que
doit revenir le rôle d’assurer la diversité de la faune. Et c’est très
bien ainsi.
Les chasseurs seraient bien inspirés de ne plus culpabiliser et de
dire haut et fort que la protection du loup ne se fera pas au détriment
de la diversité des espèces.
Jean Bonnard

