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septembre 2007

17/09/2007

Une bouteille à la mer...lettre d'une bergère du vercors

Réponse à la lettre de Anita Jouffrey,

      

Berger et l’autre monde   Berger, un métier en péril   Une bouteille à la mer

Ce soir, je suis descendue de l’alpage, triste, une envie de vomir, je ne sais plus…

Mon troupeau je l’ai quitté avec la montagne qui l’entoure. Ce soir,.j’ai laissé ,mon mari  seul avec ses chiens…je l’aie laissé seul à gérer l’autre monde, le monde citadin qui nous apprécie pour leur plaisir personnelle celui du loisir de se promener dans un espace dit de sauvage. J’ai laissé le berger seul face à l’autre monde, celui qui pense nous aider par leurs aides diverses.

Cet été, le loup passe. Nous savons sa présence ; les énervements des chiens nous le confirment. Si nous avons la chance de ne pas avoir cette année la meute de loups, d’autres subissent ce que nous avons connu en 2005. Les administrations ne bougent pas. Ils nous font croire et font semblant d’avancer à petits pas. Personne ne veut prendre de réelles décisions, tous suivent les règles dictées par l’état….Dommage…

Pour l’instant,  triste réalité, ils veulent garder leurs loups, leurs ours et leur réintroduction !

Une fois de plus, le constat ce soir me revient, l’énorme erreur qu’ils ont fait.

Ils veulent casser, bafouer notre métier…choix de notre vie, vie d’espoir .

Espoir de trouver de l’herbe pour nos troupeaux, espoir d’attendre les naissances, espoir de revoir le soleil après les jours de garde dans le brouillard…le berger est ainsi fait….

Ce soir, une fois de plus, je pleure le métier que j’ai choisi. Le choix d’une vie, vie avec le troupeau, observant les bons coins à pâturer, regardant le troupeau manger paisiblement au rythme des sonnailles….Le berger ne dérange jamais son troupeau, il le garde et le contourne donnant la bonne direction.

Le berger pâture des montagnes privées ou publiques. Ils entretiennent ses lieux

Le constat actuelle est une triste réalité….deux mondes opposés…

Ces personnes qui vont et suivent leur chemin. Rien ne les arrête, le troupeau fait partie du paysage, ils le traversent, dérangent le rassemblement des animaux, prennent des photos et trouvent que le paysage est merveilleux

Crient aussi quand les chiens refusent qu’ils traversent le troupeau

Ou nous ignore complètement…

Pourquoi ne rendent-ils pas compte qu’ils sont sur un territoire occupé, que l’on pourrait partager ensemble ? Ne se rendent-ils pas compte que le berger veille aussi sur eux ?

C’est le berger qui bouge son troupeau par apport au passage de tout ce peuple.

C’est lui, berger qui veille à l’énervement de ses chiens, lorsque ceux-ci sentent le danger

Ces personnes ne respectent ni le berger, ni le troupeau, niles chiens…et pourtant,

Il est tellement agréable de recevoir un regard, une parole, un geste ou une attitude qui ne dérange pas l’ensemble des animaux paisibles .Ca existe mais c’est si rare….

Ce soir, la bergère est fatiguée et je pleure le métier que j’ai choisi. Depuis quelques années le changement s’annonçait, je croyais à l’évolution de la conscience, je croyais à une reconnaissance de notre identité. Dommage…Le regard réel n’existe plus à la montagne, nous sommes devenus les Indiens dans les réserves ….Dommage…..

Lueur d’espoir ce soir, en pensant à tous nos bergers, qui vivent les deux fléaux actuels,

             Nous ne pouvons compter que sur notre solidarité et qui sais peut-être…

  Sincèrement à tous      Catherine Bouvarel    Alpage de Fond-d’Urle     Le 15 septembre 07

13/09/2007

Appel au secours d'une bergère au président de la république

JOUFFREY Anita

Bergère à l’alpage de La Périoule 38                                                                  le 9 août 2007

Massif de Belledonne Nord


Objet : Appel au secours

Monsieur Sarkozy Nicolas,

Je me permets d’attirer votre attention sur une situation qui va aboutir à un drame si personne ne fait rien.

Depuis le 15 Juin que nous sommes arrivés sur notre alpage, situé dans le massif de Belledonne, notre troupeau de brebis subit quasi quotidiennement les attaques d’une meute de loups.

Malgré l’application des mesures de protection préconisées par l’administration –parc de nuit, chiens de protection (4), éclairage, tirs d’effarouchement et une présence humaine nuit et jour dans le troupeau- nous avons à déplorer cette année : 9 attaques meurtrières, 45 brebis tuées, 45 disparues et actuellement 8 brebis blessées et en souffrance qui attendent depuis le 5 août d’être achevées par une personne assermentée, mon mari n’étant plus en état psychologiquement de terminer le travail des loups [ au 10 septembre le troupeau a subi 25 attaques]

Depuis 9 ans que cet animal a été réintroduit sur notre alpage, nos conditions de vie se dégradent d’années en années pour devenir des conditions de survie.

Depuis l’âge de 14 ans mon époux, fils et petit fils de berger, exerce cette profession qui exige 4 à 5 mois d’estive.

Alors que tout est fait pour l’amélioration de la vie urbaine (climatisation, chauffage, transport, 35h, etc…) ici en alpage, nous nous contentons de peu mais dignement et dans le respect. Ces dernières années nos conditions de vie n’ont jamais été aussi misérables et bafouées, dignes de l’homme des cavernes !

Nous sommes contraints de rester dehors jours et nuits, par tous temps pour limiter, en vain, les attaques. Nous vivons dans le stress permanent de celles-ci qui se produisent même en plein jour, ainsi que les attaques psychologiques des pro-loups (voir copie jointe), menaces téléphoniques et médisances de toutes sortes (voit internet).

Supporteriez-vous que l’on martyrise votre animal domestique sous prétexte qu’on vous le paie au prix de « la viande » et qu’on vous le laisse agonisant à vos bons soins pour l’achever, et ce, plusieurs fois par semaine, d’années en années ? Ajoutez à cela que dans cet exemple votre animal n’est pas votre gagne pain.

Deux rapports parlementaires ont été établis sur notre alpage, concluant à l’incompatibilité entre le loup et le mouton. Pourquoi ?

Depuis les premières attaques nous appelons au secours face à cette situation récurrente ; qui nous entend ?

Ce matin encore, au lieu d’aide, on nous a envoyé Mr Blin [représentant de la DDA 38] pour effectuer un énième rapport sur l’application des mesures de protection.

Nous faisons notre part de ce contrat que l’on nous a imposé, qui fait l’autre part ?Ou sont les droits de l’homme dans cette situation ?

Humainement cela devient de la non assistance à personne en danger.

Quel être humain peut accepter à notre époque d’être traité de la sorte et rester impassible ?

Quand on est en train de perdre le fruit de toute une vie de travail et face au mépris et à l’abandon d’instances censées protéger l’homme et lui permettre de travailler dignement, la raison peut basculer du jour au lendemain et mener à des gestes irréversibles.

Je fais ce courrier pour ne plus m’entendre dire « nous n’étions pas au courant de votre situation », si malheur devait arriver.

Aujourd’hui 9 août, il neige, il y a du brouillard et il fait un vent glacial. Depuis 2 jours mon mari cherche une partie du troupeau que les loups ont pourchassée. Il est parti depuis ce matin avec son chien vers 7 heures, il est 18h il n’est toujours pas revenu. Quand il rentrera à la nuit, trempé et transi de froid, il n’aura pas droit à une douche chaude ni à un bon lit. Il soupera et ira se reposer sous une toile de tente toute détrempée, à côté du troupeau. Voilà Mr Sarkozy la journée type d’un berger du 21ème siècle.

Nous venons de fêter le 100 ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage.

J’espère avoir réussi ; Mr Sarkozy à éveiller votre attention pour que cette fois on ne se contente pas de me renvoyer « un courrier » et que vous, enfin, vous vous pencherez sérieusement et rapidement sur ce problème avant que l’irréparable arrive.

Recevez Monsieur Sarkozy, mes sincères salutations.

Anita Jouffrey

Copies à

-DDAF

-Préfet

-Président chambre agriculture 38 et 73

-Mr Bouvard Député de Savoie

- Président FNSEA 3

La Périoule le 5 septembre

Monsieur Sarkozy,

Pour la seconde fois cette estive, je vous adresse un courrier.

Hier, mardi 4 septembre, comme tous les jours, j’ai gardé les moutons avec mes deux chiens, Paris et Bimbo. Pour nous les bergers, nos chiens sont nos compagnons de tous les instants. Ils travaillent toute la journée, nous aident à regrouper, à conduire ou à aller chercher les brebis qui s’égarent dans des falaises où on ne serait pas capable d’aller les chercher. Ils sont attentifs à nos moindre gestes ou regards…
Cette nuit les loups sont venus. Après avoir marché toute la journée avec nos chiens, nous n’avons pas pu dormir un seul instant, tant les loups se sont acharnés autour du troupeau, les chiens patous les ont repoussés à plusieurs reprises.
Un lieutenant de louveterie [mandaté par le préfet]est venu passer la nuit avec nous dans le cadre des mesures de défense du troupeau. Vers 3heures du matin, on a entendu un coup de fusil puis une bête hurler. Le louvetier venait par erreur de blesser Bimbo. Pour le remercier de tous les services rendus, on lui a mis une balle dans la tête pour abréger ses souffrances.
Aujourd’hui je pleure mon ami Bimbo, demain ce sera peut-être un de mes fils ou mon mari, ou ma fille qui prendra une balle perdue…

Jusqu’où faudra-t-il en arriver pour que tout cela cesse ?

Recevez Monsieur Sarkozy, mes sincères salutations.

Anita Jouffrey


08/09/2007

Berger, patou et tribunal en savoie: l'article de presse

Edition du 7/09/2007

SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE : TRIBUNAL DE POLICE. Jugé pour avoir laissé divaguer ses chiens

L'éleveur, le loup, et le patou

Isabelle CALENDRE

Il n'est pas venu seul. Hier, au tribunal de police, ses amis et les sympathisants de la cause des éleveurs attendaient Luc Etellin, l'un des leurs. Il était accusé d'avoir laissé divaguer son patou, un chien de protection des troupeaux.

Luc Étellin a reçu le soutien de nombreux éleveurs et de plusieurs associations. Sans oublier celui de ses chiens patous...

Il n'est pas venu seul. Hier, au tribunal de police, ses amis et les sympathisants de la cause des éleveurs attendaient Luc Etellin, l'un des leurs. Il était accusé d'avoir laissé divaguer son patou, un chien de protection des troupeaux. Ce même patou, depuis, a trouvé la mort lors d'une attaque de loup qui, en juillet dernier, a causé la perte de 478 brebis du troupeau de Luc Étellin...
Plus que le procès d'un homme, c'était hier le procès d'un système. Celui qui, depuis la convention de Berne (1982), fait du loup un animal protégé et implique, pour les éleveurs, un dispositif de protection de leurs troupeaux, dont le patou fait partie intégrante. Or ce même patou a causé quelques frayeurs, voire plus, parmi promeneurs et touristes amateurs de montagne. Cercle vicieux.

« Revoir la convention de Berne »

« Nous dénonçons le déséquilibre créé par la présence protégée du loup » explique Hubert Covarel, président du Syndicat départemental ovin. « Les patous sont la seule parade » estime le responsable, qui rappelle que la sécurisation des troupeaux a été imposée aux éleveurs par l'État. « Nous demandons que l'État prenne conscience de son incohérence, et revienne en arrière sur la question du loup en tant qu'espèce protégée ». Car le débat est bel et bien lancé. « Si l'on veut que l'on se sépare des chiens de protection, alors il faut enlever le loup aussi ! » estime Hubert Covarel. Jean-Marc Guigue, président de la FDSEA, va même plus loin : « On me reproche d'être trop radical. Mais je dis qu'il faut taper haut, et que la convention de Berne doit être revue ! ».
Applaudissements dans l'assistance : tous entourent Luc Étellin, soutien moral bienvenu pour celui qui a vu la moitié de son troupeau décimé cet été...

L'État mis en cause

L'audience va commencer : quelques militants choisissent d'y assister, les autres attendent dehors. Mais alors que la porte se ferme, des sympathisants tentent un "coup" : ils avancent un cercueil de bois noir, dans lequel repose le corps du patou de Luc Étellin. Une surprise qui n'est pas du goût du tribunal : le cercueil restera dehors.
À l'audience, l'éleveur et son avocat sont rejoints par la plaignante, Mme Guillot, qui réside à Aiton. Elle avait contacté la gendarmerie en avril dernier. En sortant dans sa cour, elle s'était trouvée « nez à nez avec ces chiens » explique-t-elle. Une belle frayeur qui n'aurait pas eu de conséquence, si Mme Guillot n'exerçait pas la profession d'assistante-maternelle. « Les chiens sont revenus, et j'avais des petits que j'emmenais à l'école ». Évoquant les responsabilités liées à son emploi, la plaignante a voulu « attirer l'attention sur les difficultés liées à ces chiens » et à leur présence, même éphémère, dans les communes. Un argument que personne n'a contesté, la plaidoirie de Me Bern (avocat de Luc Étellin) se concentrant sur l'obligation faite aux éleveurs de protéger leurs troupeaux. Luc Étellin morcellant son cheptel en plusieurs sites, les patous passent de l'un à l'autre. Et traversent des routes communales...
Le Ministère public en est conscient. Il n'a pas demandé d'amende et a proposé « une dispense de peine ». Me Bern, lui, a demandé la relaxe pour son client. Le jugement a été mis en délibéré au 4 octobre.

05/09/2007

Attention rectificatif de date pour le soutien au berger

Le rassemblement de soutien à Luc Ettelin aura lieu Jeudi 6 septembre à 13h30 devant le tribunal de St Jean de maurienne en Savoie

(et non vendredi 6 comme indiqué par erreur)

Avec nos excuses

le GC

03/09/2007

Encore un berger au tribunal à cause de son chien patou

Rassemblement devant le tribunal de police de St Jean de Maurienne en Savoie VENDREDI 6 SEPTEMBRE A 13H30

Une nouvelle fois un berger est convoqué au tribunal parce que son chien patou a importuné un promeneur . De plus il s'agit du berger -adhérent du Grand Charnier-qui a été victime d'une attaque en Juillet ayant entraîné un dérochage du troupeau et la perte de 480 brebis.

Avec les organisations agricoles de Savoie le Grand Charnier appelle tous ses adhérents et amis à participer au rassemblement de soutien.

Le GC