Depuis une
quinzaine d’années la famille Gayet/Pépin de La Chapelle Blanche met ses 10 vaches reproductrices en estive au Pontet, petit village paisible de Savoie en moyenne montagne (900m), sans jamais rencontrer le moindre problème. Dimanche 19 août alors qu’il rendait visite à son troupeau il découvre le cadavre déchiqueté d’un veau de deux jours, près de sa mère et le troupeau en effervescence. Dès le 20 août au matin, les gardes de l’ONCFS appelés sont sur place pour le constat. L’animal a été violemment dénuqué et 5 à 6 kg de viande ont été préle
vés, mais l’éleveur n’en saura pas plus… les deux gardes lui disent que leur rôle se limite à constater et « à remplir les papiers » une commission doit siéger pour décider de l’identité du «grand canidé».
L’éleveur veut bien comprendre qu’on ne lui donne pas de suite l’interprétation du constat, mais il reste choqué par le fait que les agents de l’état ne lui indiquent ni une date ou un délai ni aucune information sur le devenir de l’affaire !.
L’éleveur se retrouve seul avec ses problèmes et ses questions : quels risques court mon troupeau ? est-ce que je dois rappeler l’administration ? qui ? quand ? est-ce qu’on me contactera ? dans quel délai ? comment ?
Chaque citoyen est en droit d’attendre plus de respect de son administration, d’autant plus dans des situations aussi traumatisantes.
.Le Grand Charnier va adresser un courrier de protestation au préfet .
Et maintenant quel avenir pour le troupeau qui devait « démontagner » vers Toussaint? toutes les vaches sont prêtes à vêler dans le mois il ne peut prendre le risque que cela recommence mais où les mettre ?..
Le même jour le journal local Le Dauphiné relate des attaques de moutons dans la vallée voisine de Maurienne et en Haute savoie. Comment expliquer cette recrudescence soudaine des attaques dans notre région ?
L’inquiétude gagne les autres éleveurs et les villageois : des centaines de vaches sont à l’estive dans ce secteur du nord Belledonne et l’attaque s’est produite à 300m des habitations.
Partout c’est l’incompréhension : au moment où la PAC introduit le critère du bien être animal et où la biodiversité devient la tarte à la crème de tous les discours on laisse agoniser les moutons dans l’attente des expertises (3800 en 2005 et 2900 en 2006 selon les chiffres officiels) et on accepte que les bergers écœurés quittent peu à peu les montagnes livrées à l’embroussaillement…Est-ce cela l’écologie ?
Le Grand Charnier