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juillet 2006

25/07/2006

LES CONFERENCES D'ETE DU GRAND CHARNIER

ATTENTION : Chagement de dates

En partenariat avec l'Office du Tourisme d'Allevard (38), le GRAND CHARNIER organise trois conférences-débat sur le thème du retour du loup dans les Alpes et son impact sur le pastoralisme et la faune sauvage . Ces conférences sont gratuites et ouvertes à tous. Diffusez ces informations à vos amis.

Les jeudi 3 août, 31 août    Allevard (38)    20h

Le jeudi 17 août  au Collet d'Allevard  Salle Antoine Croz   20h

Le vendredi 15 septembre  Allevard  20h

Le jeudi 14 septembre à 17 h Espace énergie  ALLEVARD

Dans le cadre du Comice agricole de REVEL (38) conférence débat à Revel dimanche 3 septembre

Le Grand Charnier 28/08/06

24/07/2006

Christophe au Tour de France 2006

Dscn0156 Christophe était présent sur les routes du tour 2006. Il représentait la FDSEA de l'Isère ainsi que le Grand Charnier pour dire non aux dégats occasionnés par le loup. De nombreux témoignages de sympathie sont venus encourager ce bel effort. Merci Christophe !!

Dscn0158

20/07/2006

Quand le berger de Tamié voit le loup il prend…la plume

Pict0253 Il était une fois (toutes les bonnes histoires commencent ainsi, celle-là devrait vous plaire !), il était une fois donc, un berger que nous appellerons Françis GROS (ça tombe bien, c’est son nom !), qui allait en alpage à la Bouchasse sur les pentes de la Sambuy, commune de Seythenex, à l’extrême sud de la Haute Savoie. Ce matin là, le 22 juin 2006, comme tous les matins à l’aube, Françis part chercher son troupeau de chèvres. Première surprise le troupeau est séparé en plusieurs lots !!! les bêtes ont l’air stressé. Deuxième surprise, il découvre les restes d’une chèvre : deux cornes et une mâchoire, puis plus loin une autre égorgée et encore plus loin une autre puis encore une ayant subi le même sort, les deux oreilles sectionnées. Il manque aussi une quinzaine d’autres animaux. Après plusieurs recherches, il trouve quelques chevrettes réfugiées dans les rochers. Le lendemain il retrouve une autre chèvre égorgée et à moitié dévorée. Le bilan est lourd : 4 animaux tués et 9 autres disparues.

Des experts (?) arrivent sur place pour constater les dégâts, des gardes fédéraux de l’Office National de la Chasse. Là ça pourrait devenir risible. La première chèvre (reste les deux cornes et la mâchoire) ne peut pas être prise en compte car la médaille d’identification normalement portée à l’oreille gauche n’est plus sur l’animal (elle est retrouvée à une dizaine de mètres), mais elle n’est pas à sa place réglementaire !!   même chose pour celle aux deux oreilles coupées, l’oreille, et donc la médaille, est sous la patte arrière droite de l’animal : Ce n’est pas sa place !! quant aux neufs disparues on ne sait pas ? une fugue ? contrairement aux hommes la chèvre ne fugue pas à l’adolescence, c’est prouvé ….parole de berger.

Le soir du 22 juin, c’est chez moi que ça se passe, permettez-moi de me présenter : Yves LACHENAL, éleveur de chèvres à Seythenex, berger au Drizon, alpage situé au dessus de l’Abbaye de Tamiè et par conséquent voisin direct de François pour la vingtième année consécutive.

Ce soir là mes chèvres montent dormir comme d’habitude aux pointes de « côte Favre » dominant la vallée d’Albertville. Au dessus du chalet d’alpage, une falaise sépare la pente dans sa partie sommitale. Sortant de la cave à fromage vers 22 h 15 je m’aperçois que le troupeau s’est scindé en deux parties de chaque coté de la falaise. Celles de droite allant directement à la couche, les autres suivant la crête boisée de tête noire pour rejoindre leurs compagnes. Soudain, alors qu’elles gravissaient les derniers mètres, j’entends les cloches repartir en sens inverse dans une sarabande infernale. J’attrape mon bâton, siffle mes trois chiens et part en courant dans la nuit pour intercepter les fuyardes, j’entends en même temps ma chienne Patou de 6 mois qui était avec le premier lot courir en aboyant férocement sur la crête ; Je grimpe tout suant l’arrête de tête noire et rejoint mes chèvres à mi-pente, elles sont arrêtées, la chienne m’accueille par des aboiements furieux, le poil hérissé et se calme difficilement. Nous reprenons la montée dans les myrtilles et les rhodos avec l’angoisse de ce qui peut arriver aux autres chèvres restées sans protection. Nous débouchons au sommet où effectivement les chèvres ont disparu ; nous suivons l’arête lorsque la chienne qui marchait sur mes talons s’avance dans la pente avec des aboiements furieux et je vois à cinq mètres en dessous de moi deux yeux luisants qui disparaissent aussitôt à l’arrivée des trois autres chiens qui se ruent sur lui. Je rappelle mes chiens et continue ma traversée pour rejoindre le chalet par le col. Dans la descente j’essaie de repérer quelles chèvres peuvent manquer à l’appel, mais la nuit est noire et je me contente d’identifier les animaux les plus proches de moi. Arrivé au chalet à minuit moins le quart, je me couche sans avoir sommeil, impatient que le jour se lève pour savoir à quoi m’en tenir.

A cinq heures je commence à compter avec angoisse dans le jour à peine levé. Il manque une chèvre, c’est le soulagement, je m’attendais à pire.

Après la traite et la fabrication du fromage je retourne sur les lieux pour rechercher Ursule (c’est la manquante !). Malheureusement ce matin là le brouillard s’accroche par intermittence sur les sommets et je rentre bredouille.

Je redescend dans la vallée et je tombe par chance sur les gardes ONCFS, je leur narre mon aventure, on me questionne : des yeux ?? quelle couleur ?? franchement ça dure un quart de seconde, je me souviens surtout que ça brillait . Un autre garde, vous êtes sûr que c’était des yeux ?? …. Non ça devait être deux vers luisants se tenant par la main !!

Alors que faire ? retrouver la carcasse ? on viendra faire un prélèvement. Je leur dit que ma chèvre n’ayant pas de corne, si ça se passe comme pour celle de Françis  où il ne restait que les cornes, il n’y aura peut-être pas matière à prélèvement. Je repars désappointé. Un loup, deux loups, ? le sujet est lancé, alors la grande question  est la suivante : pour ou contre le loup ?

A la surprise de certains je dirais pour le loup mais contre la manière dont il est géré en France. Quand un loup arrive quelque part, même si l’on en est pas sûr, la logique (mot de moins en moins mis en pratique) la logique voudrait que l’on prévienne les éleveurs dans un rayon de 50 à 100 kms pour les inciter à mettre en place des moyens de protection. Mais il ne faut surtout pas affoler les gens alors on minimise, on parle de grands canidés (c’est le nom français du loup !!) car il faut savoir que certaines attaques sont dues à des chiens errants et d’autres à de grands canidés, mais on ne sait pas ce que c’est.

Nous les bergers, on parle drôlement, on dit un aveugle et pas un non voyant, un pauvre au lieu d’un économiquement faible et quand une chèvre ne fait pas de lait on parle plutôt charcuterie au lieu de dire qu’elle a une marge de progression très importante ! Ainsi on ne sait pas ce que sont les grands canidés pré-cités, on peut vous dire que ça commence par un L et ça fini par un oup (les plus cérébraux trouveront facilement).

Attention, les décideurs nous soutiennent, maintenant les bergers peuvent tirer sur le loup. C’est simple vous allez comprendre, il faut juste avoir subi trois attaques en trois semaines puis deux attaques où l’on effarouche le loup et après on peut tirer si l’on a un permis de chasse et une autorisation écrite du Préfet ….et un fusil bien sûr. Alors résumons nous : au bout de trois attaques un avertissement, au bout de dix avertissements un blâme, avec des moyens pareils on se demande pourquoi il y a encore des problèmes !

Le loup chasse toujours où c’est le moins risqué pour lui. Pourquoi aller chasser un cerf ou un sanglier alors que les troupeaux sont à disposition. Le loup ne tue que pour se nourrir, c’est vrai, dans la nature car lorsqu’il tue un cerf, le reste de la harde s’enfuit et se met hors de portée. Le loup mange sa proie avant de repartir en chasse. Avec un troupeau il peut tuer de nombreuses bêtes car elles restent à proximité.

On entend dire que la mort est instantanée. Allez dire cela aux éleveurs qui retrouvent leurs brebis debout les intestins traînant par terre ! et il ne faut pas l’abattre avant que les experts soient passés sinon c’est pas valable.

Et pis d’abord, les bergers n’ont qu’à dormir avec leurs moutons !  si l’on disait à tous ces biens pensants : vous êtes aux 35 heures (pas  nous) mais maintenant tous les soirs vous allez retourner au bureau (ne vous plaignez pas vous êtes à l’abri !) vous ne gagnerez pas cent balles de plus à la fin du mois et vous direz à votre femme que c’est comme ça et qu’il n’y a pas de raisons que ça pose un problème à la vie de famille.

Et alors, à part gueuler, ils proposent quoi les pâtres ? tout simplement le droit à la légitime défense ne serait-ce que par fierté et pas à partir de la 5ème ou 6ème attaque à la 1ère ! souvenez-vous le loup chasse où c’est le moins risqué. Si quand il attaque un troupeau, il prend une balle dans le cul, il n’y reviendra pas, mais en plus il va le répéter à ses congénères du secteur, c’est de l’éducation, ni plus ni moins. Il faut que les gens arrêtent de sacraliser le loup , c’est un animal fascinant mais c’est un animal comme un autre.

En plus on nous paye les animaux où est le problème ?  nos animaux on vit avec, on les fait naître, on les soigne quand il le faut. Mes chèvres ont toutes un nom (et un numéro, ça c’est la loi) je les connais toutes par leur nom. Alors croire que l’on peux tout acheter c’est facile mais je ne veux pas d’argent, je m’en fou, je veux ma chèvre, excusez-nous pour cet excès de sentiment.

Et pourquoi ne pas mettre des loups en ville, ils ont largement de quoi se nourrir avec les déchets et à l’heure où l’on s’inquiète des bandes de jeunes qui traînent le soir dans les quartiers, ça résoudrait le problème !!!

Lorsque vous parlez d’environnement  savez-vous au moins de quoi vous parlez. Excusez-nous l’environnement on en fait partie, on sait qu’au mois de juin on peut bosser jusqu'à 10 h (du soir) il fait jour ! quand il pleut on est mouillé et quand il neige on se gèle les doigts, l’environnement on y est 365 jours par an, on ne vient pas le voir en week end ou aux vacances comme au spectacle.

Le jour où les moutons ne viendront plus en alpage la flore va changer et pas en bien, le paysage va se refermer avec l’invasion des arcosses au détriment des coqs de bruyères et autres oiseaux, des chamois. Le seul qui se sentira bien dans ce milieu est le sanglier, alors la biodiversité essayez de la voir jusqu’au bout.

Je voudrais dire à tous ces instruits (à ne pas confondre avec intelligent !) qui décident pour nous, vous êtes sur votre nuage bien trop loin de la réalité, l’ours le loup c’est pour l’environnement ?? j’aimerais mieux pour l’environnement voir un peu moins de camions sur les routes et plus sur les trains, voir plus d’éoliennes et d’installations solaires et moins de centrales nucléaires une taxe au kilomètre pour les marchandises afin de moins sillonner la planète en tous sens, sensibiliser les gens à gérer leurs déchets et mettre plus de contraintes aux industriels qui nous les imposent.

Arrêtez de vous donner une vitrine avec l’ours et le loup. Nous sommes de simples bergers, mais nous savons pourquoi nous sommes là, nous sommes utiles et nous vivons dans le respect de la terre ….vous devriez essayer. 

Texte de :

Yves Lachenal

Eleveur de chèvres à Seythenex

Président de l’Association de sauvegarde de la chèvre des Savoie

P.S. : Ursule a été retrouvée 2 jours plus tard sérieusement blessée à l’arrière train mais elle a bon moral et ses jours ne sont pas en danger.

Info loup sur la Chartreuse

Après une série d’attaque (Meylan, Saint Martin, le Vinoux, Qaix en Chartreuse, Provésieux …) au bord de Grenoble il y à un mois, le loup a réapparu depuis une semaine.

Un veau attaqué il y a 12 jours, puis 3 ou 4 moutons vendredi 30 juin, puis 3 moutons dimanche (dont 2 blessés) et enfin mardi matin une attaque sur un troupeau de moutons sous le mont Rachais (3.5km du centre de Grenoble), un paysan  a pu observer 2 grands canidés accompagnés de 3 petits de la même espèce.

À suivre …

H. M. le mercredi 05 juillet